Souvenirs,
Saint-Leu-La-Forêt le 5 décembre 2003
C’est en l’embrassant sur l’ oeil,
Que je m’aperçus qu’elle pleurait.
La girafe avait des couleurs fauves.
Le cinéma s’était tue,
Les fauteuils rabattus.
Les soirs d’automne,
Les vents s’engouffraient dans la cheminée
Ou une trappe clapotait.
Une fois par an,
Ils retrouvaient leur chien de vacances.
Il achetait chez le primeur quelques beaux fruits
Qu’il posait dans les arbres.
Son père croyait au miracle.
Elle allait et venait,
Servait les clients,
Passait devant moi
Et je respirais à son passage,
Le parfum de l’amour.
Le chat dormait sur le dos,
La tête en arrière dans le vide.
Le soleil au ventre alimentait sa chaudière.
Il remontait la rue Saint-Blaise en hurlant sa souffrance
Et en buvant sa vie.
Dans le métro,
Place d’ Italie,
Les yeux exorbités,
Il pointait un couteau sur la gorge d’un enfant.
Le chat suivait des yeux la mouche qui cherchait un parking.
Le mer creusait la cote fortement puis la rebouchait.
Chaque matin,
Les marteaux piqueurs étaient en réunion.
Les grues,
Du bout de leurs cheveux,
Touchaient le soleil.
Le roulement de la machine à laver,
Offrait au silence de la maison,
Le mystère de la technologie.
L’huissier était si méchant qu’il s’habillait de noir.
La lessive cuisait dans de grosses lessiveuses
Ou de grandes cheminées crachaient leurs eaux chaudes.
Dans la salle d’attente,
Un radiateur craquait en me faisant sursauter.
Un sourire vint à ses lèvres,
Puis un fou rire s’empara d’elle .
Il passait son temps à compter les pavés de la rue.
La locomotive vrombissait,
Sifflait,
Hurlait,
Elle vivait.
François TIGANI
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